<< Retour aux actualités

Rémunération des dirigeants d'entreprise : en progrès !

Grâce à la publication de deux études, l’actualité des rémunérations des dirigeants a été riche en décembre : l’une publiée par Proxinvest concernant les dirigeants du CAC40, l’autre réalisée par ATH sur 164 sociétés cotées parmi les trois compartiments d’Euronext hors CAC40. Comme attendu, ces deux études soulignent une forte disparité en fonction de la taille des entreprises, ainsi qu’une adaptation des rémunérations à la crise : la part variable des salaires a fortement baissé en 2009 (-43% pour les dirigeants du CAC40). L’amélioration est réelle même s’il reste des progrès à faire : ce ne sont pas tant les montants en valeur absolue qui sont critiqués que le manque de transparence sur les règles de rémunération variable et d’intéressement au capital. La France reste l’un des rares pays occidentaux où la rémunération des dirigeants n’est pas approuvée en Assemblée Générale.

Au cours du mois, nous avons refait un point détaillé avec les dirigeants de DASSAULT SYSTEMES sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance du groupe. Cet entretien nous a permis d’aborder le sujet de la rémunération de son PDG, Bernard Charlès, fréquemment contestée pour son montant élevé : 1,87M€ (salaire fixe et variable), à quoi s’ajoutent 6M€ d’actions gratuites et de stock-options. Notre avis diffère de celui régulièrement présenté dans la presse de manière négative : les montants sont à mettre en regard du remarquable parcours réalisé par DASSAULT SYSTEMES sous la présidence de Bernard Charlès (présent depuis 1983, président depuis 1995) : le chiffre d’affaires a été multiplié par neuf et le résultat d’exploitation par six (332M€ estimé en 2010), tout en ne levant que 17% de capital supplémentaire et en générant une situation de trésorerie nette de plus en plus excédentaire ! On peut néanmoins regretter que l’accès récent au capital de Bernard Charlès se fasse sans prise de risque, essentiellement par le biais d’actions gratuites attribuées en 2008. Des intérêts pas totalement « alignés » sur ceux des actionnaires minoritaires…

Cependant, le principal enjeu RSE du groupe ne se situe pas au niveau de la rémunération de son président mais dans sa capacité à attirer les meilleurs ingénieurs et à les fidéliser. Un chiffre éclaire parfois mieux qu’un long discours : avec seulement 5% de « turnover » dans un secteur où la rotation des effectifs est traditionnellement supérieure à 15%, DASSAULT SYSTEMES confirme année après année son attractivité dans un secteur où la concurrence est forte. Un élément-clé qui renforce notre confiance dans la capacité du groupe à générer une croissance rentable et durable.

Marie-Ange VERDICKT pour la Lettre d’information mensuelle FINANCIERE DE L’ECHIQUIER