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Le Point Sur la Stratégie d'investissement pour 2011


Les réveillons ont toujours un goût particulier chez les gérants : la performance annuelle est définitivement fixée (de ce point de vue 2010 fut un excellent cru) mais très vite le lendemain de fête arrive, avec ou sans mal de tête. On se souvient que les compteurs ont été remis à zéro, la performance de l’année à venir reste à construire.
Heureusement, le travail a démarré en amont depuis plus de deux mois. Nous réfléchissons à ce qui va faire le succès de 2011, et avons analysé ce qui a fait celui de 2010 et que nous avions anticipé: la croissance mondiale (avec 4,8% elle fut plus qu’au rendez-vous), le dynamisme du modèle allemand (rarement l’Allemagne aura autant surperformé le reste de l’Europe), notre choix délibéré de prêter aux entreprises bien gérées plutôt qu’aux Etats, un choix qui nous a permis de traverser la crise de la dette souveraine grecque puis celle de la dette irlandaise avec une relative sérénité. Même si Pierre Dac affirmait que « les prévisions sont difficiles surtout quand elles concernent l’avenir », il est temps d’aborder les thèmes de l’année qui démarre.

Les émergents autrement

La croissance mondiale sera encore au rendez-vous en 2011, les risques souverains perdurent en Europe. A bien des points de vue l’image macro-économique ressemble à celle de l’an dernier. Faut-il en déduire que les portefeuilles doivent avoir la même configuration ? Partiellement seulement, car le prix des actifs évolue sans cesse.
Ainsi le secteur du luxe a-t-il profité à plein du dynamisme émergent (Bloomberg European Fashion Index, +60% en 2010). Nous avons sensiblement réduit et parfois vendu nos positions en RICHEMONT ou en LVMH.
Le dynamisme de ces zones restant néanmoins une réalité, nous sommes allés chercher d’autres idées, moins identifiées mais susceptibles de bénéficier de la croissance chinoise. DANONE, dont 48% des ventes vont vers les pays émergents, ou KRONES, une société d’embouteillage allemande qui réalise 18% de son chiffre d’affaires avec la Chine, sont désormais dans les premières lignes d’Echiquier Major et d’Echiquier Agenor.
Des arbitrages que l’on pourrait résumer en une formule : les émergents autrement.

Le retour du « value »

Regarder vers l’Orient ne doit pas nous faire pas oublier des métiers plus locaux. Telecoms, services aux collectivités, banques et assurances européennes, des secteurs qu’il valait mieux ne pas détenir depuis deux ans. Mais après de telles sous-performances, nos gènes « contrarians » se réveillent : devons-nous nous y intéresser aujourd’hui ? Après le passage au tamis fin des valorisations, quelques idées mal aimées font leur entrée. L’assurance, un métier qui combine des valorisations très faibles et une lisibilité meilleure que celui de la banque, rejoint plusieurs portefeuilles: CNP ASSURANCES fait désormais partie d’Echiquier Quatuor, AXA d’Agressor et PRUDENTIAL d’Echiquier Major. La thématique « value », dont l’assurance n’est qu’un exemple, va faire un retour en grâce après deux années placées sous le signe du « tout croissance ». Le bon mois de janvier d’Echiquier Quatuor semble d’ailleurs valider ce scénario.

De nouvelles destinations dans les portefeuilles

Parmi les thématiques en déshérence en 2010, les valeurs de l’Europe du Sud tiennent une bonne place : -17,5% pour le marché espagnol, -13% pour le marché italien, là encore nous sommes en alerte. 2011 a déjà commencé ! Les lecteurs fidèles auront noté que certains de nos portefeuilles ont mis le cap au sud pour acheter de la pêcherie en Espagne (PESCANOVA) des fabricants de lunettes (SAFILO) ou des fabricants de matériel de signalisation ferroviaire (ANSALDO) en Italie. Après une période de très faible pondération, ce sont désormais six valeurs italiennes qui font partie du portefeuille d’Echiquier Agenor.
En remontant du Sud, nous avons choisi de faire un crochet par l’Angleterre. Notre « stock-picking » nous a permis de sélectionner des sociétés britanniques qui vont profiter des coupures budgétaires des Etats. SERCO ou CAPITA, ces entreprises qui fournissent des solutions d’externalisation, risquent d’être les grandes gagnantes d’une Europe qui se serre la ceinture.
Une énumération méthodique de tous les thèmes que nous privilégierons en 2011 serait fastidieuse, mais vous l’aurez compris au travers des exemples cités, les idées ne manquent pas et la mobilité reste de mise pour les prochains mois.