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Le point sur Echiquier Patrimoine

Echiquier Patrimoine, fonds défensif de Financière de l’Echiquier, a un objectif clair : offrir une progression la plus régulière possible du capital.

Dans l’environnement de taux très bas dans lequel nous évoluons depuis trois ans, cet objectif est plus exigeant qu’auparavant. En plaçant 44,4% de nos encours au sein de la poche monétaire, nous assurons effectivement le maintien d’une faible volatilité mais acceptons en contrepartie d’être très faiblement rémunérés. Vos équipes se sont donc employées, tout au long de l’année écoulée, à aller capter la performance sur les marchés des obligations (36,8% de l’encours) et des actions (18,8%). Des efforts récompensés par une progression de 4,5% sur un an pour l’ensemble du fonds.

Si les investisseurs se souviendront de 2012 comme d’une bonne année boursière caractérisée par une faible volatilité, les occasions de douter n’auront pourtant pas manqué. Dès janvier 2012, le « downgrade » de 9 pays de la zone euro par les agences de notation posait une question cruciale: l’euro allait-il traverser l’année ? Cette incertitude culminera au début de l’été avant que Mario Draghi ne mette tout le monde d’accord dans une allocution historique avec son déjà célèbre «ready to do whatever it takes to preserve the euro ». La banque centrale allait stabiliser les dettes européennes en engageant sa signature pour des montants quasiment illimités.

Au-delà de la macro-économie, 2012 était une année également chargée sur le plan politique avec des élections en France bien sûr mais surtout en Chine et aux Etats-Unis. A peine Obama élu pour un second mandat et l’Amérique se trouvait confrontée à son fameux «fiscal cliff » ; problématique dont l’issue n’est pas encore claire au moment où nous écrivons ces lignes. On le voit, la relative sérénité dont ont fait preuve les marchés est plus à mettre au crédit de l’action des banquiers centraux qu’à un « authentique » regain d’appétit pour le risque de la part des investisseurs. Pour autant, le résultat est semblable: obligations et actions ont progressé de concert.

Les opérations

Fondamentales

En Europe, les obligations d’entreprises auront connu un rally historique (l’iBoxx 1-3 ans a gagné 7,2%). Ce mouvement haussier a évidemment été un moteur de performance pour Echiquier Patrimoine. Doté d’une exposition naturelle à cette classe d’actifs, notons que le pilotage aura été opportun puisque la remontée de l’allocation en « high yield » et de l’exposition italienne (achats en UNICREDIT et TELECOM ITALIA cet été) aura permis de profiter à plein de l’intervention de Mario Draghi évoquée plus haut. Un mouvement qui va dans le sens d’une gestion active « génératrice d’alpha ».

Comme expliqué précédemment, les attentes étaient fortes sur la poche actions cette année. C’est en mêlant investissements fondamentaux et opportunistes que nous avons tenté d’y répondre. Les prises de participations dans les sociétés SECP (comme par exemple CANAL+ SA), OENEO et GROUPE GUILLIN illustrent parfaitement cette première catégorie. Le dossier SECP, à mi-chemin entre l’action et l’obligation, apporte la stabilité propre à l’exploitation de rente qu’il représente. OENEO est un fier représentant des dossiers de croissance, porté par l’adoption progressive de son nouveau bouchon technologique Diam (+12% à 320M d’unités vendues au dernier semestre). GROUPE GUILLIN, quant à lui, est un dossier à la gouvernance typiquement familiale, bien géré et doté d’une stratégie claire qui repose sur la consolidation du marché européen et la confirmation de son leadership. Ces achats ont fait face aux cessions de nos lignes en COLAS, en CEGID ou encore en PAREF, des dossiers aux potentiels d’appréciation limités.

Conjoncturelles

Pour ce qui est des investissements que nous qualifions d’opportunistes, nous avions l’embarras du choix tant les cibles à faible valorisation étaient nombreuses sur le marché européen cette année. Nous nous sommes appuyés, pour notre sélection, sur le travail réalisé par l’ensemble de l’équipe de gestion. Ce partage d’informations nous a, par exemple, permis de réaliser des aller-retours gagnants sur CFAO (+24%, dans les pas d’Agressor) et sur CARREFOUR (+18% puis +7%, dans les pas d’Echiquier Quatuor).

Dans une démarche plus autonome, nous avons souhaité profiter de la faible valorisation d’un secteur bancaire alors sous pression pour bénéficier de la stabilisation de la zone euro. Les valeurs bancaires ont ainsi sensiblement contribué à la performance de la poche actions comme en témoignent les progressions de BNP PARIBAS (36% de plus-value latente), SOCIETE GENERALE (26%) et AXA (24%). La consommation chinoise déclinée au travers d’investissements sur des titres européens se sera également avérée être un choix gagnant ces derniers mois, les groupes BMW (22% de plus-value latente) et CHISTIAN DIOR (19%) affichant, eux aussi, de belles performances.

Stratégie d’investissement

La stratégie d’investissement 2012 d’Echiquier Patrimoine a clairement suivi les pas de la BCE. Le poids du risque n’a cessé d’augmenter au cours des derniers mois et de la montée en crédibilité du président de la BCE. Bien nous en a pris mais en 2013, nous allons de nouveau devoir piloter au plus juste le poids des trois poches qui composent le fonds.

La classe obligataire qui, par son rendement, reste un bon actif de portage, n’offre plus les mêmes opportunités que celles qu’elle pouvait présenter sur l’année écoulée. Face à un « reward » en baisse sur les obligations et la volonté d’augmenter leur « risk », les investisseurs devraient logiquement se tourner vers le marché actions, où ce fameux ratio « risk/reward » sera le plus attractif.

Anticipant cette thématique, le poids de la poche actions d’Echiquier Patrimoine est passé ces 6 derniers mois de 14,2% à 18,8% de l’encours. Un poids relativement élevé au regard de l’exposition historique mais parfaitement en ligne avec notre volonté d’aller capter la performance là où elle se trouve ; c’est bien là l’intérêt d’un fonds diversifié.