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Le ciment se rachète une conduite

Le ciment, constituant essentiel du béton, est rarement mis à l’honneur en matière de développement durable.

De l’extraction de calcaire et d’argile dans les carrières, à leur combustion dans des fours à très haute température, jusqu’à la formation de granules (les clinkers), la fabrication du ciment présente à l’évidence une lourde empreinte environnementale.

Pourtant, l’industrie du ciment, responsable de 5% des émissions de CO2 mondiales, laisse entrevoir des signes positifs. Il s’agit d’une des rares industries dont les acteurs se sont collectivement engagés en faveur d’une plus grande transparence et à avoir réuni 24 grands noms du secteur autour d’une initiative commune en faveur du développement durable. Cette initiative a notamment permis d’aboutir à une série d’indicateurs environnementaux et sociaux communs sur lesquels les 24 cimentiers communiquent chaque année. Surtout, les progrès en matière de réduction des émissions de CO2 par tonne de ciment sont significatifs avec une baisse de 17% depuis 1990.

Mais au-delà du panorama sectoriel, des performances contrastées se dessinent d’un cimentier à l’autre. D’où l’importance d’analyser les pratiques individuelles de six acteurs européens, comme nous l’avons fait lors de notre dernière revue sectorielle. Au terme de cette étude, nous sommes parvenus à un classement prenant en compte une vingtaine de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Aux premiers rangs figurent, le groupe suisse HOLCIM et l’irlandais CRH (sélectionné dans le fonds Echiquier Major). Qu’il s’agisse du recours à des matières premières alternatives, de la substitution des combustibles d’origine fossile ou encore de l’optimisation énergétique des fours, ces deux acteurs se démarquent clairement. Ils sont suivis des groupes LAFARGE, HEIDELBERG CEMENT et VICAT qui affichent également de bons résultats mais sont pénalisés, soit en raison de controverses répétées, soit d’un manque de contre-pouvoirs au sein du conseil d’administration ou encore d’un déficit de transparence sur des enjeux environnementaux clés. Enfin, le groupe italien ITALCEMENTI se retrouve en queue de peloton avec une performance bien en deçà de ses pairs sur le plan environnemental et surtout des objectifs relativement peu ambitieux.

Notre analyse sectorielle constitue ainsi un bon exercice pour identifier les points d’amélioration sur lesquels nous pourrons rebondir lors de nos prochains contacts avec le management et pour accompagner les entreprises sur la voie du développement durable.